Mes lectures de Novembre

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Novembre le mois noir, est celui de l’espoir.

Le mois de Novembre s’achève et l’heure du bilan lecture a sonné. Je pensais qu’avec ce deuxième confinement, j’aurais un peu plus de temps pour lire. Mais il n’en fut rien. Je n’ai pas réussi à dépasser ma nouvelle norme de lecture – trois livres par mois, qui je dois bien l’avouer me désespère un peu. Pourquoi depuis quelques temps, les livres me tombent-ils des mains ?

Et je ne peux pas dire que ma sélection de Novembre m’a aidé à accélérer mon rythme de lecture. Aucun des trois romans lus ce mois-ci ne m’a emballé au point de faire une nuit blanche ou de me mettre en mode NE PAS DÉRANGER, JE LIS.

Voilà donc l’heure de vous présenter mon bilan lecture du mois de novembre.

Evasion, Benjamin Whitmer

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Nouvel an 1968. La ville d’Old Lonesome dans le Colorado est en ébullition. Douze détenus de la prison voisine se sont évadés. Les sirènes retentissent, les radios relayent la nouvelle, les habitants sont sur le qui-vive et un duo de journalistes arrivés tout droit de Denver accompagnent des policiers armés jusqu’aux dents dans cette chasse aux fuyards.  En pleine nuit et sous un blizzard impitoyable, ces hommes n’auront qu’une obsession : survivre.    

Pour lire Benjamin Whitmer et son Évasion, concentration et bonne mémoire sont indispensables. Une bonne centaine de pages sont nécessaires pour cerner tous les protagonistes, leurs caractères, leurs noms (et surnoms) ainsi que leur camp: maton ou voyou ? Le paysage sauvage et grandiose des Rocheuses rappelle les heures sombres du Far-West. Et à bien des égards, la ville d’Old Lonesome et ses habitants n’ont pas beaucoup évolué depuis. Tout se règle avec des armes, le directeur de prison se comporte comme un shérif en mal d’autorité et les habitants se cachent dès les premiers échanges de balles. Évasion est un livre à ambiances et aux propos noirs : qui est le plus sauvage : la nature ou l’homme ? Un peu trop sombre et violent à mon goût, ce roman reste néanmoins un souvenir agréable de lecture pour l’exploration de l’âme humaine et de l’Amérique des années 1960.

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TITRE : ÉVASION
AUTEUR: BENJAMIN WHITMER
ÉDITEUR: GALLMEISTER
NOMBRE DE PAGES: 432 pages
DATE DE PARUTION: 06/02/2020
CATÉGORIE GWENN HA LU : AVENTURES, NOIRCEUR, ÉVASION
EXISTE EN POCHE

 

La goûteuse d’Hitler, Rosella Postorino

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Rosa Sauer, contrainte à rejoindre ses beaux-parents à Krausendorf depuis le départ de son mari au front, a été recrutée pour devenir l’une des dix goûteuses d’Hitler[1]. Paranoïaque, Hitler mange uniquement les plats préalablement goûtés et certifiés non empoisonnés par son régiment d’esclaves culinaires. Ces femmes que la peur unit – chaque bouchée avalée peut tuer- sont pourtant bien différentes. Rosa, l’étrangère, la cultivée, la maniérée, fait tâche dans ce monde rural, acquis aux idéaux nazis.  Et si le danger ne venait pas de la nourriture à ingérer mais des autres goûteuses ?

S’il fallait définir en un mot mon sentiment par rapport à cette lecture, je dirai « dommage ». Dommage que Rosella Postorino ne soit pas allée au bout de son idée de départ : raconter l’angoisse d’une jeune femme qui pour protéger la vie du dictateur doit quotidiennement risquer la sienne.  Dommage que l’histoire d’amour entre Rose et un officier SS soit si invraisemblable. Dommage que l’auteure[2] présente son roman comme étant une histoire vraie, alors que si peu de faits historiques sont exploités ou quand ils le sont s’avèrent erronés (Hitler était-il vraiment végétarien ou l’est-il devenu par circonstance, vu les difficultés de ravitaillement ; Margot Woelk dont l’auteur s’est inspirée pour créer le personnage de Rose n’est pas tombée follement amoureuse d’un soldat SS mais fût violée). Dommage de ne pas avoir écouté ma mère qui me déconseillait cette lecture et d’avoir perdu quelques heures de mon temps à le lire.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Margot Woelk, je vous recommande cet article du Figaro, paru en 2014, peu après la diffusion du documentaire sur sa vie. Édifiant ! https://www.lefigaro.fr/international/2014/09/24/01003-20140924ARTFIG00340-la-gouteuse-d-hitler-raconte-ses-annees-de-terreur.php

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TITRE : LA GOÛTEUSE D'HITLER
AUTEUR: ROSELLA POSTORINO
ÉDITEUR: LE LIVRE DE POCHE
NOMBRE DE PAGES: 384 pages
DATE DE PARUTION: 03/06/2020
CATÉGORIE GWENN HA LU : HISTOIRE, ROMANCE
DISPONIBLE EN POCHE

[1] Hitler que tout le monde croyait à Berlin est en réalité reclus dans son quartier général, à l’extrémité est du Troisième Reich, en Prusse-Orientale, actuelle Pologne.

[2] Margot Woelk a accordé une longue interview à la télévision allemande en 2014 pour parler de son quotidien de goûteuse auprès d’Hitler

 

 Les corps conjugaux, Sophie De Baere

 

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Alice est belle, alors sa mère l’exhibe depuis son plus jeune âge dans des catalogues publicitaires ou des concours de beauté. A sa majorité, Alice fuit cet environnement oppressant, sa mère toxique, sa province morne et part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean, son voisin ; son sourire devient son rayon de soleil et leurs rendez-vous des bouées de sauvetage pour cette âme à la dérive. Très vite, ils s’installent ensemble, ont une fille, Charlotte, vivent intensément leur bonheur et scellent leur amour en se mariant. Pourtant quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Jean et Charlotte, anéantis, n’ont d’autre choix que de continuer à vivre et d’apprivoiser le manque, le doute et les interrogations.

Le secret qui entoure la disparition d’Alice est révélé au lecteur au bout d’une petite centaine de pages. Et quelle claque ! Il ne pouvait s’agir que de « ça », seul ce « ça » peut expliquer ce sens du sacrifice : continuer à vivre en abandonnant ses deux amours. Sophie De Baere a indéniablement un talent narratif. L’alternance des points de vue – la vie d’errance d’Alice et le désarroi d’une adolescente orpheline – et d’époques – avant et après la révélation du secret-, happe le lecteur dans un tourbillon d’émotions. En revanche, la fin m’a laissé perplexe. En proposant un dénouement immoral et mélodramatique, la volonté de Sophie De Baere était sans doute de questionner la frontière entre le bien et le mal, il est juste dommage d’avoir sacrifié ces si beaux personnages sur l’autel de l’égoïsme pour y parvenir…

Passionnant, à savourer sans modération

TITRE : LES CORPS CONJUGAUX
AUTEUR: SOPHIE DE BAERE
ÉDITEUR: JC LATTES
NOMBRE DE PAGES: 336 pages
DATE DE PARUTION: 22/01/2020
CATÉGORIE GWENN HA LU : NOIRCEUR, ROMANCE, SÉRIEUX

Avons-nous eu sur ce mois de novembre quelques lectures communes ? Belle lecture et à très vite pour le bilan du mois de Décembre.

5 réponses

  1. Celtitude

    Moi non plus je n’avais pas apprécié « la goûteuse d’Hitler », une grosse déception! Moi aussi je n’arrivais pas à trouver un livre qui m’emballe … jusqu’à la lecture de « Khalil » de Yasmina Khadra, une belle écriture au service d’un sujet tristement d’actualité: le recrutement de jeunes paumés que des extrémistes transforment en kamikazes. Un constat alarmant.

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