Séries, sagas, feuilletons, tomes

Le feuilleton des étés d’AmElie : les polars de Nicolas Lebel

Séries, sagas, feuilletons, tomes (je lance tout de suite un débat sur leurs définitions respectives ?), les télévisées – difficile d’y échapper à l’heure actuelle – et les littéraires (là je n’ouvre pas le débat Gwenn Ha Lu tranche tout de suite ce sujet !) viennent rythmer les saisons, les années. Parfois, il y a cette attente fébrile à l’approche d’une nouvelle parution, parfois la joie d’enchaîner les volumes sans laisser la moindre chance à un imposteur de venir troubler notre fil de lecture. Et puis le plaisir de retrouver les personnages, presque des compagnons puisqu’ils traversent des tranches de vie du et avec le lecteur. Parfois il faut refaire connaissance, parfois comme un bon ami, on a l’impression de s’être quitté la veille.

Pour moi, mes compagnons se sont nommés Mary-Ann Singleton, Bridget Jones, Harry Potter, Otory Takeo, Adamsberg* et j’en oublie… Ils ont peuplé mes étés quand je les passais à m’étendre sur une serviette à l’aplomb du soleil, ils ont réchauffé mes hivers sous le plaid ou la couette…

Mes nouveaux rendez vous sont pris avec Merlicht, Dossantos et Latour puisque Nicolas Lebel signe son 4ème roman De cauchemar et de feu et cela fait donc la 4ème année que je me penche avec plaisir sur une enquête qui commence dans le 12ème arrondissement de Paris, élément non négligeable à ma fidélité. Cet opus nous plonge donc entre Paris en 2016 et l’Irlande de 1966 à 1974, une époque sanglante où la guerre était à la porte de l’Europe et ma génération, ou moi peut être, n’en connaît qu’à peine le Sunday Bloody Sunday de U2… Conflits religieux et attentats sonneraient presque comme un running gag dont le Créateur (mais lequel donc ?) ne se lasserait malheureusement pas, à moins que ca ne soit l’imbécilité humaine, autre débat. Toujours est-il que quand l’examen de conscience approche et que celle-ci est aussi propre que la chambre d’un adolescent, un pyromane est prêt à nettoyer, pas au karcher, mais au brûlis, et laisse ses indices éparpillés façon puzzle !

Je pourrai dire que les personnages sont aussi irritants qu’attachants, avec un capitaine à la tête de grenouille à la carapace dure et au cœur mou – même si une grenouille n’a pas de carapace, Dossantos avec ses muscles saillants et sa litanie juridique, et la belle rousse qui apporte la touche féminine à l’équipe et bien souvent la raison. Mais ca ne refléterait pas mon expérience de lectrice. Ce que j’apprécie avant tout, c’est de voir le travail de recherches que Nicolas Lebel effectue, et apprendre des choses en lisant un polar, ca n’est pas si fréquent, alors quand le tout est gradué d’humour, de références cinématographiques et une pointe de critique politique, j’adhère encore plus. L’intrigue, sans déclencher d’insomnie, tient la route et fonctionne puisqu’on a bien envie de savoir comment tout cela va finir. Et puis, la découverte de la nouvelle application de sonnerie que le fils de Merlicht installe sur le téléphone de son père a de quoi inspirer un développeur informatique en panne d’inspiration !

AmElie

*Les chroniques de San Francisco, les deux suivants sont explicites, le Clan des Otori de Fred Vargas

Gwenn Ha Lu: Merci AmElie pour cet article. Tu m’a donné l’idée d’un prochain billet sur les sagas ou feuilletons littéraires les plus connus.


TITRE : De cauchemar et de feu
AUTEUR : Nicolas Lebel
EDITEUR : Marabout 
NOMBRE DE PAGES : 416 pages 
DATE DE PARUTION : 03/05/2017

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