Cuba

Revolución

Beaucoup d’images se juxtaposent à l’évocation de Cuba : les plages de sable fin, les vieilles voitures américaines, la musique, la joie de vivre, La Havane, les cigares, le Che, la Révolution, Fidel Castro, la baie des cochons. Mais il faut aller sur place pour découvrir une société à deux vitesses, passée maître dans l’art de la débrouille et du système D. Il est difficile  d’apprécier la situation politique et économique du pays et les impacts de la révolution castriste en quinze jours – surtout quand tout est fait pour que les touristes ne puissent échanger avec les Cubains -, mais les livres lus lors de mon séjour cubains m’ont aidé à mieux cerner certains aspects de la culture cubaine.

C’est avec trois ouvrages que je me suis envolée : La Havane mon amour de Zoé Valdés, Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra et Passé Parfait de Leonardo Padura. Livres très différents dans leurs approches, leurs styles, leurs points de vue (un témoignage d’une exilée, un roman musical, un polar), mais avec cependant un point commun : l’amour comme garde-fou.

Témoignage d’une exilée

la-havane-mon-amour-critique-litteraireZoé Valdés, la plus française des écrivaines cubaines, livre avec La Havane mon amour une ode vibrante et très personnelle à sa ville natale, La Havane. Née en 1959, l’année de la révolution castriste, Zoé Valdés, a connu pendant ses toutes jeunes années La Havane flamboyante, rieuse, fière avant que celle-ci sombre pour ne devenir que l’ombre d’elle-même.  Page après page et sans réel ordre ni chronologie, ses souvenirs s’égrainent au détour des rues, des bâtiments et des rencontres avec les artistes qui ont fait la renommée de La Havane et contribué à sa superbe.

Précieux témoignage sur une Havane maintenant disparue, La Havane mon amour n’en est pas moins bouleversant. La colère et la tristesse ressentie par l’auteure à la suite de son exil parisien en 1995 accentue sa nostalgie et sublime encore plus ses souvenirs d’enfance et de jeunesse.

Avis de Gwenn Ha Lu : véritable sésame pour accéder à l’âme havanaise et comprendre ce qui se cachait derrière les belles et majestueuses bâtisses de la capitale cubaine, maintenant en ruines.

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La musique à l’honneur

dieu-nhabite-pas-la-havane-critique-litteraireChanteur vedette du Buena Vista café à La Havane, Juan ne vit que pour la musique. Alors quand ce café mythique est privatisé, dans le cadre de la transition économique voulue par les dirigeants actuels et qu’il doit céder sa place, son monde s’écroule. A 60 ans, privé de sa raison de vivre, il se retrouve en proie au doute et doit faire face à ses contradictions et ses erreurs passées. Mais Juan, aussi impétueux qu’égoïste préfère fuir et se jeter à corps perdu dans une histoire d’amour avec une belle et jeune inconnue plutôt que d’affronter la réalité.

Le dernier roman de Yasmina Khadra est aussi inconstant que son héros principal. Plaisant lorsqu’il s’agit d’accompagner Juan sur des airs de samba et de cha-cha-cha, mais pénible voire agaçant quand la romance (ô combien dramatique et peu crédible)  prend le pas sur sa quête d’identité.

Avis de Gwenn Ha Lu : à lire uniquement pour percer le secret des nuits havanaises et partager le temps d’un livre le quotidien d’une famille cubaine.

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Amour, gloire et exil

La Havane. 1989. Mario Conde voulait devenir écrivain. Il est maintenant lieutenant de police et doit retrouver la trace de Rafael Morin Rodriguez, le directeur d’une grande entreprise d’import-export, mystérieusement disparu. Cela aurait pu être une enquête parmi tant d’autres, mais il s’avère que le disparu est une lointaine connaissance, qui a épousé son amour de jeunesse. Entre devoir et rancœurs, Mario Conde, devra trouver le courage d’affronter son passé et ses illusions perdues pour découvrir la vérité.

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Avec Passé parfait Leonardo Padura nous entraine dans les coulisses des entreprises d’état cubaines, là où on s’arrange avec les règles et les principes révolutionnaires.  Leonardo Padura à travers son héros cherche à rétablir la Justice et exprime le point de vue de la « génération cachée », celle qui connait les désillusions de la révolution castriste sans avoir vécu l’euphorie et l’utopie des débuts. Pourtant peu flatteur pour le régime castriste, Passé parfait -ainsi que ses précédents livres- n’a pas été censuré par les autorités cubaines et offre donc un éclairage précieux sur la corruption et les déviances des apparatchiks à Cuba avant la chute du rideau de fer.

Avis de Gwenn Ha Lu : un très bon polar abordant des sujets politiques sensibles aux personnages fouillés.

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Petit plus Gwenn Ha Lu :

  • Mario Conde est devenu un personnage récurrent. Passé parfait marque le début de la tétralogie Les Quatre saisons.
  • retrouver une interview de Leonardo Padura où il retrace les éléments marquants de sa carrière ainsi que l’évolution de la littérature cubaine

http://america-latina.blog.lemonde.fr/2014/09/17/le-romancier-leonardo-padura-sur-tous-les-fronts-a-cuba-et-ailleurs/


TITRE : La Havane mon amour
AUTEUR : Zoé Valdés
EDITEUR : Arthaud, L’Esprit Voyageur
NOMBRE DE PAGES : 234 pages
DATE DE PARUTION : 31/08/2016
TITRE : Dieu n’habite pas La Havane
AUTEUR : Yasmina khadra
EDITEUR : Julliard
NOMBRE DE PAGES : 312 pages
DATE DE PARUTION : 18/08/2016
TITRE : Passé parfait
AUTEUR : Leonardo Padura
EDITEUR : Métaillié
NOMBRE DE PAGES : 264 pages
DATE DE PARUTION : 10/02/2001

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