Le Silence d’Isra, Etaf Rum

S’affranchir sans se trahir

Habituez-vous très chers lecteurs à ma nouvelle philosophie de blogueuse ; philosophie qui je dois l’avouer relève plus de la rationalisation de mon temps libre que de nouveaux préceptes mûrement réfléchis. Dorénavant, je ne chroniquerai sur le blog que les livres qui m’ont fait chavirer, des pépites qui à mes yeux méritent d’être partagées. Pour avoir l’exhaustivité de mes lectures et mes avis, je vous donne rendez-vous sur Instagram et Facebook.

Parfois le Marketing fait bien les choses. Sans sa couverture flamboyante aux tonalités acidulées, mon regard ne se serait probablement pas arrêté sur Le silence d’Isra d’Etaf Rum. Et cela aurait été bien dommage…

1990. Quelque part en Palestine, Isra, une jeune fille sage et rêveuse, est mariée de force à un homme qu’elle ne connaît pas. Du jour au lendemain, elle doit quitter, sa famille, son village, son pays pour rejoindre sa belle-famille, émigrée aux Etats-Unis. Si les Etats-Unis symbolisent la liberté, Bay Bridge à Brooklyn où va loger Isra est une réplique miniature de la Palestine. Et ce ne sont pas les lois américaines qui régissent ce quartier mais le poids des traditions : la femme doit rester chez elle, enfanter – des garçons de préférence – et se soumettre à son mari. 2008. Deya, la fille d’Isra, est en âge d’être mariée. Ou de poursuivre ses études. Arrivera-t-elle à s’affranchir de la pression familiale pour tracer sa propre voie ?

Le silence d’Isra d’Etaf Rum est une histoire de femmes comme je les aime. Ni super-héroïnes, ni victimes, ces femmes, chacune à leurs époques, réclament respect et liberté. La narration alternée entre les souvenirs de la mère et ceux de sa fille sert le récit et sa chronologie : du filet de voix terrorisée d’Isra surgira l’émancipation de Deya. Ce roman est d’une justesse incroyable, ni larmoyant, ni édulcoré, ni manichéen, il est fidèle aux errements d’une femme en devenir : comment devient-on soi-même sans renier ses origines ? Ce premier roman largement inspiré de la vie de l’auteure fait aussi la part belle à la littérature et à son pouvoir libérateur. Personnage à part entière de ce roman, la lecture se révèle pour les héroïnes un ami inspirant et fidèle. D’un sujet sérieux –l’émancipation de la femme – Etaf Rum en fait un roman émouvant, fascinant et universel. A lire, vraiment.

Avis de Gwenn Ha Lu : pour une fois que le Marketing fait bien les choses… le roman  est largement à la hauteur de sa splendide couverture.

coup-de-coeur

TITRE : Le Silence D'Isra
AUTEUR : Etaf Rum 
ÉDITEUR : Editions de L'observatoire 
NOMBRE DE PAGES : 432 pages 



 
DATE DE PARUTION : 08/01/2020

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