Billet d’humeur : Femmes puissantes

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Quand la publicité ruine TOUT !

Je n’aurais jamais écrit ce billet d’humeur si je n’étais pas retourné récemment sur Paris. Partout où je me déplaçais et notamment dans les souterrains parisiens, je tombais nez à nez avec cette publicité : « Femmes puissantes : le livre qui a déjà inspiré 100 000 femmes ».

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Ravi du succès remporté par le livre d’entretiens de Léa Salamé, je n’ai pas tout de suite tiqué sur le slogan un brin réducteur. Il faut dire que j’avais lu Femmes Puissantes – un livre d’entretiens menés par la journaliste de France Inter[1] auprès de femmes accomplies comme Leila Slimani, Elisabeth Badinter ou Béatrice Dalle- et que j’avais été particulièrement enthousiasmée par ces femmes pionnières et leurs parcours singuliers.

Il est vrai que la littérature, les manuels d’histoire et la culture populaire ne débordent pas de modèles féminins auxquels les petites filles peuvent s’identifier. Femmes Puissantes, comme Culottées de Pénélope Bagieu dans un autre registre, comble ce vide.

Mais ce qui m’a gêné dans ce slogan « Femmes puissantes : le livre qui a déjà inspiré 100 000 femmes », c’est qu’il insinue que ce livre ne s’adresse qu’aux femmes, que seule une femme peut trouver de l’intérêt à en écouter une autre. Je m’interroge : la réciproque est-elle vraie ? Les femmes ne lisent-elles pas des ouvrages d’hommes ? Suis-je donc une extra-terrestre d’avoir acheté, puis lu avec délectation l’excellente biographie de Winston Churchill écrit par Boris Johnson ; la vie d’un homme narré par un autre ? Les hommes et les femmes appartiendraient-ils à deux catégories aux aspirations littéraires irréconciliables. Les épreuves, les succès, les croyances et savoirs de ces femmes ne peuvent-elles pas inspirer les hommes ?

Ce slogan n’est « que » de la publicité.  Le marché des filles aspirantes femmes, des femmes matures, des femmes mamans, des femmes triomphantes, des femmes en proie au doute est certainement plus lucratif pour la maison d’édition Les Arènes que celui de l’Homme avec un grand H. Quel dommage de réduire Femmes puissantes à un livre féministe. Quel dommage d’opposer une fois de plus les genres. Quel dommage de ne pas inciter les hommes à lire Femmes puissantes. Et surtout quel dommage de sous-entendre que seules des femmes peuvent s’intéresser à d’autres femmes…

 

 

[1] Léa Salamé a réalisé ces interviews quand elle a dû quitter le temps de la campagne électorale européenne (Printemps 2019) la matinale de France Inter. Son compagnon, Raphael Glucksmann était candidat pour Place Publique et il est bien connu qu’une femme, journaliste, qui plus est, ne peut avoir ses propres opinions et qu’elle est forcément  influencée par son conjoint…

 

3 réponses

  1. Il est vrai que de prime abord je n’aurait pas tiqué mais avec du recul et un brin de réflexion effectivement, c’est bien dommage parce que ce livre est bien plus que cela ! Et il faut le faire lire aux hommes, ce n’est pas uniquement et seulement un livre pour les femmes et heureusement !
    ps : Tu m’as donné encore plus envie de lire la bio de Churchill qu’on vend comme des petits pains à la librairie !

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  2. Anonyme

    « Des vies de combat », un autre livre écrit par une femme sur des femmes. Et l’on n’a pas besoin d’être femme pour le lire ni noire pour apprécier ces destinées de femmes noires! A mettre entre toutes les mains de toutes les générations. Celtitude

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